18/05/2005

a.s.b.l. Kilulu Bintu

 

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1957 Bruxelles - Usumbura / 12 et fin du voyage

Mardi 23/07/1957
 
Nous quittons Kamituga et par les interminables sens uniques nous atteignons Bukavu. Le système des sens uniques est simple, une barrière nous empêche de continuer la route, bien obligé de nous arrêter. Une sentinelle joue du tam-tam sur un tonneau pour prévenir l'autre sentinelle à l'autre bout de fermer la route et vous laisse passer une fois sûr qu'aucune voiture ne soit engagée sur la route dans l'autre sens, dans ce cas nous attendons notre tour de passage.
 
A Bukavu nous avons la sensation d'être revenu chez les civilisés.
 
( Gabby ) En effet, 1 H à peine arrivé à Bukavu,  j'étais traité de macaque par une aristocrate bukavienne que j'avais, en déboitant, obligé de freiner alors qu'elle dévalait, au volant de sa décapotable, l'avenue Royale à tombeau ouvert. Super beau la civilisation !!!!
 
( Jean ) Un bon dîner à l'hôtel et nous repartons pour Usumbura où nous arriverons vers 16 H. Les 160 derniers kilomètres entièrement asphaltés n'ont plus été qu'une formalité et arrivé à Usumbura c'est avec plaisir que nous retrouverons notre bon vieux Paguidas avec son Vassos et Gerard. Aujourd'hui nous avons fait 326 kms.
 
( Michèle ) Avant d'arriver à Usumbura nous devions passer sur 2 ponts celui de la petite Ruzizi et de la grande Ruzizi. Le passage sur celui de la grande Ruzizi était toujours très bruyant car le pont était en fer, à chaque fois que nous le traversions ma soeur et moi nous nous bouchions les oreilles tellement cela faisait du bruit. Nous nous apprètons donc à le faire lorsque nous réalisons qu'aucun bruit ne se faisait entendre .....miracle !!!.....que ce passait-il ????.........ils avaient transformé le pont pendant les vacances ..... ce dernier avait été macadamisé......surprise.....heureuse surprise .....un passage agréablement silencieux !!! avant d'arriver à Usumbura et de retrouver papa !!!! Je retiens de ce voyage une aventure fantastique, nous avons pû le faire au bon moment et sans soucis pour notre sécurité......!!!
 
D'après les cartes nous avons roulé en tout 3.210 kms en 9 jours.




09:07 Écrit par Michèle | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

1957 Bruxelles - Usumbura / 11

Lundi 21/07/1957
 
Lévé et départ très matinal.
 
Nous traversons le Lualaba sur un bac à moteur. Le soleil se lève dans la brume du fleuve et après 1/2 H de navigation nous atteignons l'autre rive et prenons la direction de Kampene ( 172 kms )
 
Kampene est l'ancien poste de Maggy, elle y retrouvera des connaissances. Nous dînons au guest-house  et repartons vers Kamituga, nous y arrivons à la nuit tombée. Kamituga se trouve au sommet d'une colline, je dirais même plus une montagne, la montée est très rude. Par 2 fois dans les derniers kilomètres Gaby a dû éviter in-extremis, en l'évitant sur la droite, Maggy bloquée dans un virage, le tout dans le noir. Les virages étaient bien entendu en épingle à cheveux, je crois même qu'une fois il a dû aider Maggy en poussant la voiture avec Michèle et Danielle. ( Michèle ) Et oui ! ce souvenir là me reste aussi dans la mémoire. Maman au volant et nous à pousser la voiture qui dérapait sur le sable et avait une facheuse tendance à glisser sur la gauche ....il faisait très noir mais nous devinions qu'il ne fallait pas grand chose pour voir la voiture......et maman.....disparaitre dans le vide. Maman a toujours gardé son sang froid.....et a enfin réussi à reprendre la route, nous avons ma soeur et moi pratiquement sauté dans la voiture en marche de peur qu'elle ne puisse plus redémarrer.....tellement la montée était très forte et le sol sableux.
 
( Jean ) Nous arrivons enfin au Ghest-house nous avons fait 446 kms.
Au guest-house il y a des chambres pour nous et Maggy, Gaby sera logé au gîte de la direction et en reviendra émerveillé, tapis d'orient, etc....Il y avait été conduit par le responsable du guest-house de direction pourtant comme je le lui avait fait remarquer il n'avait vraiment pas une tête de directeur.
 
Détail cocasse, Gabby avait soigneusement fermé à clef les portières de sa voiture remplie de bagages mais qu'elle ne fût pas sa stupéfaction de constater le lendemain que toutes les vitres étaient grandes ouvertes. Rien n'avait été volé sans doute grâce à la présence du zamou que nous avons découvert au petit matin.
 
A suivre .......

08:23 Écrit par Michèle | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

16/05/2005

1957 Bruxelles - Usumbura / 10

Samedi 20/07/1957
 
( Jean ) Départ matinal de Luluabourg vers Lusabo. La route est très sablonneuse et nous roulons pratiquement sur des feuilles de palmier. Ce système empêche l'ensablement, mais à l'arrivée vous n'avez plus de fil de stop ni d'éclairage sous la voiture.
 
( Gaby ) Il arrivait que parfois  même le feu avait été mis à ces branches de palmier quand elles étaiet trop sèches, il valait mieux ne pas trop s'attarder. Quanta notre tableau de chasse lors des traversées de villages comportait poules, chèvres, même iguane etc....!!!!
 
( Jean ) Arrivé à Lusambo nous trouvons de la place à l'hôtel Nestor, nous avons fait 261 kms. Intrigué par des bruits suspects sous ma voiture je constate que mes silent-blok avant sont cassés. Je vais chez le représentant Taunus pour chercher des pièces mais il m'envoie au diable car le magasin est fermé, on était samedi. Dans un autre garage je me procure un morceau de pneu de camion avec lequel je façonne des silent-blok. Ce soir il y a fête car le lendemain c'est la fête nationale et l'équipe de football de Luluabourg est venu jouer un match à Lusambo.
 
Bonne nuit.....à demain......!!!!

Dimanche 21/07/1957

Départ matinal pour Lubefu ( Gaby ) Lusambo-Lubefu est, je crois le tronçon le plus effroyable de toute la traversée. En 3 H nous n'avions guère parcouru plus de 70 Kms, ravine, chaussée défoncée ou emportée par les eaux ont mis nos amortisseurs à rude épreuve, les poupées des filles de Maggy n'en finissent pas de crier " maman " et sortirons de l'aventure désarticulées. Quant aux danseurs Lubefu c'était vrai qu'ils avaient une tête à faire peur , j'ai souvent pensé à eux plus tard lors des troubles du Kasai.

( Jean ) Passage du bac à Lubefu, sur la route du bac nous rencontrons des danseurs Lubefu qui se rendent en ville pour les  fêtes du 21 juillet. Ils n'ont pas l'air rassurant et les dames en sont fortement impressionnées.

( Michèle ) Pour ma part comme déjà dit précédemment j'en avais une trouille bleue.....ils avaient des masques horribles.....rien que d'y repenser .... je ne peux m'empêcher de frissonner ;-))))

( Jean ) Une centaine de kms après Lubefu nous devons traverser le Lomani, la traversée se fait sur un bac à pirogues. Après quelques tractations on nous laisse monter les 3 voitures car s'il fallait faire 2 voyages nous en aurions pour toute l'après-midi. La manoeuvre est un peu compliquée, les pagayeurs remontent le courant le long de la rive pour ensuite se laisser aller en travers pour pouvoir arriver au débarcadère de l'autre rive. Qu'arriverait-il s'ils arrivaient trop bas ???

Nous arrivons bientôt à la mission de Kibombo. Nous avons fait 402 kms. Nous nous rendons chez les pères blancs qui nous font un acceuil très chaleureux. Nous passons la soirée avec eux mais nous ne tarderons pas à aller nous coucher car nous étions morts de fatigue. ( Gaby ) Cet acceuil nous changeait de celui reçu à Kibembe. Aussi nous serons généreux lorsqu'il s'agira de payer notre note d'hébergement dont le montant était dailleurs laissé à notre appréciation.

A suivre ..........


 
 



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15/05/2005

1957 Bruxelles - Usumbura /9

Vendredi 19/07/2005
 
Levé à 5 H et départ pour le bac de la Loange. Nous traversons la Loange dans la brume du petit matin. Il faut dire que l'exercice est périlleux car il nous faut tout d'abord monter sur un bac rudimentaire ( plancher sur pirogue ) ensuite au milieu du fleuve passage sur un bac à moteur, ce dernier ne peut venir au bord à cause des eaux basses. Ouf ! la traversée se fait sans encombre, j'en profite pour me raser tandis que Gaby en profitera pour me filmer.
 
Nous roulons allègrement vers Tschikapa.......et là c'est l'inquiètude......un peu avant la ville on se rend compte que Gaby ne se trouve plus dans notre sillage....Je fais demi-tour....dans le lointain une fumée monte vers le ciel.....nous nous en approchons .....ouf !!! fausse alerte.....nous revenons sur nos pas et récupérons enfin Gaby qui avait suivi les plaques Transit......il sera condamné à payer l'apéritif pour toutes les émotions qu'il nous a causé.
 
Nous allons dîner à l'hôtel de Tschikapa, il nous faudra attendre pour obtenir un bon d'essence, celle-ci n'étant vendue que par la Forminière. Une façon de mieux contrôler les déplacements dans la concession. Nous avons en plus dû passer par le bureau du territoire pour obtenir un permis de traverser cette région diamentaire.
 
Après 261 kms sur la journée nous arrivons enfin à Luluabourg où nous trouvons gite à l'hôtel Pax. La civilisation ....enfin !!!!!.....un bon lit, un bon bain, la bonne chère !!!!
 
( Gaby ) Je dispose quand à moi , comme la famille sholl, d'une suite complète.....c'est beaucoup trop pour un seul homme aussi me confie t'on Jean-François ( fils de Jean ) pour occuper un des lits excédentaires. C'est à Luluabourg que nous faisons connaissance avec la Kasai à la pression, pas du tout dégueulasse dailleurs !!! Je ne sais plus si c'est en arrivant ou en partant pour Luluabourg que nous avons eu le plaisir d'avoir une centaine de kms de route asphaltée. C'est , à part la route Bukavu-Usumbura, le seul tronçon asphalté ( en dehors des villes ) rencontré au cours de notre voyage.
 
( Michèle ) Je me souviens pour ma part avoir suivi un boy portant nos valises jusqu'à notre chambre.....nous étions aux anges.....une chambre.....un bon lit.....des draps propres.....le pied.....!!!! .......nous sommes rentrées dans la chambre assez excitée......et là surprise !!!! il y a des valises sur le lit......ensuite la porte s'est ouverte ....... nous nous trouvons face à  un couple un peu surpris de nous trouver là !!!! .....après explication avec le boy ce dernier se rend compte qu'il s'était trompé de nr de chambre.....ouf !!! tout le monde se met à rire......nous voilà enfin installé dans la bonne chambre...!!!!
 
A suivre.......


02:56 Écrit par Michèle | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

1957 Bruxelles-Bujumbura / 8

Jeudi 18/07/1957
 
Départ matinal.....petite halte sur la route après 75 kms.....Au km 99 passage du bac de la Lutshima ......pont sur la Lufuku.
 
Le long de la route nous croisons 3 danseurs Bampende en grand apparat. Un peu plus loin nous avons la chance de voir tout un groupe de ces danseurs qui se préparent pour les fêtes du 21 juillet. Les masques ne sont pas très rassurants et Michèle se cache un peu dans les jupes de sa mère
 
( Michèle ).....Pfffff !!! Michèle tombe dans la rivière, Michèle à peur des danseurs aux horribles masques.......je vais finir par croire qu'il n'y avait que moi qui faisait des bêtises dans le groupe des 5 mômes que nous étions......n'empêche que c'est vrai !!! je m'en souviens comme si c'était hier.....les masques étaient horribles......les danseurs voyant notre peur en rajoutaient un peu en s'amusant à nous foncer dessus avec leur lance.....ils riaient de bon coeur de nous voir tous morts de trouille ...... Jean les filmait.....et les danseurs de lui tourner autour......nous pareil accrochés à son kapitula ( short ).....heureusement qu'il avait une ceinture bien solide pour le retenir.....il a bien risqué de le perdre tellement on tirait dessus
.....ils nous ont raccompagné en dansant jusqu'à nos voitures.....je pense que ce jour là nous avons battu le record de vitesse " de rentrer dans une voiture " en un dizième de seconde ;-))))
 
( Jean ) Nous continuons notre route et atteignons Kitembe. Nous demandons hospitalité à la mission.....mais nous sommes accueillis comme des chiens dans un jeu de quilles. Nous ne recevrons aucune nourriture et sommes obligés de manger les quelques sandwichs qui nous restaient assis sur les marches de l'escalier car il ne fallait pas salir leur réfectoir.
 
( Gaby ) Si mes souvenirs sont bons il devait y avoir des ordinations le lendemain. A notre arrivée à la mission il avait fallu courrir derrière 2 pères hypocritement  absorbés par leur bréviaire pour leur arracher l'autorisation de passer une nuit dans leur mission. J'ai pour ma part dormi tout habillé sur un grabat dépourvu de drap de lit et de couverture.
 
( Jean ) Nous aurons des lits mais pas question de salir les draps ou couvertures car les pères ont une grande fête le lendemain.
 
( Michèle ) C'est vrai !!! nous avions été très mal reçu.....je me souviens tout de même avoir pû prendre un bain...... pour ne pas salir leur lit sans doute......on s'est tous retrouvé dans une pièce à essayer de dormir sur des lits de camp soupoudrés d'une poudre blanche qui sentait très mauvais, ils avaient peur que nous ayons des poux sans doute .......ces lits en toile étaient durs......rapeux ......sans drap.....mais je me souviens tout de même avoir reçu une couverture .....ce genre de couverture grise que l'on donnait au zamou ( sentinelle ) .....elle me gratait terriblement......!!!!.....à travers la porte de notre chambre nous arrivait des bruits de conversation et de rire venant du réfectoire ....ils avaient l'air de fêter quelque chose....je n'arrivais pas à dormir.....mais à 10 ans on fini toujours pas s'endormir.......de fatigue......!!!!
 
( Jean ) Nous allons promptement nous coucher. On a fait 248 kms

a suivre......


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14/05/2005

1957 Bruxelles - Usumbura / 7

Mercredi 17/07/1957
Levé tôt, nous allons prendre le petit-déjeuner à l'hôtel. N
Aujourd'hui nous allons passer 6 bacs jusqu'à Kikwit.
 
A 10 H 1er bac, comme de bien entendu ce dernier se trouve sur l'autre rive et le mécanicien fait la vidange. Il me semble, dit Gaby que le passeur devait s'appeler Innocent nous avons dû hurler pendants des heures " innoceeeeeeeeeent !!!! " avant que ce dernier ne se manifester !!!! "
 
Après 3/4 H d'attente nous pouvons enfin traverser le fleuve.
 
Ce bac est le seul à moteur de la journée, les autres sont constitués de pirogues sur lesquelles il y a un plancher. Dans certain cas nous devrons faire 2 navettes pour passer les 3 voitures.
 
Nous avons donc passé les bacs de Kenge, Bakali, Mzia, Luie; Likula et enfin le bac de Kwenge.
 
( Gaby ) Au passage d'un de ces bacs ( je ne me rappelle plus lequel ) Michèle ( c'est de moi qu'il parle ) la fille ainée de Maggy s'est aventurée sur un des madriers  reliant la rive au bac au moment où le préposé le soulevait pour le remettre en place.....elle s'est retrouvée dans la rivière, mais plus de peur que de mal en somme étant donné la température ambiante. ( je vous avoue ne pas me souvenir de cela ).
 
Nous faisons généralement le plein dans les magasinsde traite ( d ela cie Van Lancker notamment ) où il fallait pomper l'essence ( pas de la super ) de fûts de 200 litres avec une pompe à main.
 
De +ou- 4,29  fr /litre à Matadi , le prix du litre d'essence a grimpé à 6,20  fr dans le centre du Kwango pour redescendre progressivement  à l'approche du Haut-Lublaba et de Kibombo, car ici disent les européens du coin, nous avons le rail. En remontant vers Bukavu l'essence renchérissait évidemment progressivement.
 
Au passage de l'un des bacs, en 2 fois sholl et Maggy, ensuite Gaby ....ce dernier ne retrouve plus ses lunettes. Il retourne voir sur l'autre rive si il ne les a pas laissé tombé par terre. Nous voulons les  chercher dans sa voiture mais elle est fermée. A son retour bredouille, il ouvre sa voiture et miracle les lunettes se trouve à l'intérieur du véhicule. Inutile de noter la bordée de jurons dont j'accompagne cette découverte.
 
Arrivée en soirée à Kikwit, nous avons fait 496 kms.
 
Nous allons à l'hôtel qui est complet mais les propriétaires peuvent nous loger à l'hôpital. (Gaby ) Le tuyau nous avait été donné par madame Mignon-Pinon dont l'époux, secrétaire du district était un ami, ancien condisciple, originaire de Bioul comme moi. Selon madame Mignon l'hopital était très proprement tenu mais on yétait tellement mal soigné  que tout le monde, même les accouchées,  le fuyait au plus tôt, c'est la raison pour laquelle nous l'avons trouvé vide de tout patient. ( Jean ) Cela nous semble somptueux, l'hopital est vide et nous nous installons dans une grande salle avec de très bons lits.
 
Souper copieux à l'hôtel....ensuite dodo !!!
 


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13/05/2005

ensablement

Cliquez sur la photo pour l'agrandir !!!



20:27 Écrit par Michèle | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

1957 Bruxelles - Usumbura / 6

Mardi 16/07/1957
 
Déception le matin, le boulanger n'est pas passé, pas de pain pour le petit-déjeuner. Nous embarquons nos bagages et allons déjeuner chez le portugais. Nous achetons chez lui de quoi pique-niquer en route et prenons la direction Popocabaka.
 
Après 178 kms ensablement de Maggy.
 
Nous atteignons Popocabaka vers 18 H après avoir traversé le Kwango sur un bac. ( commentaire de Gaby ) C'est la 1ère fois que je monte sur un bac et il fait presque nuit. Ayant constaté qu'avant de monter sur le bac sur les 2 madriers reliant la berge au bac, les roues de la Taunus de Jean avaient patiné dans le sable, je prends donc un grand élan et arrive à fond de balle au bout du bac, le nez de la voiture surplombant la rivuère. Il me voyait tous dans le Kwango !!!.....j'ai été plus prudent par la suite !!!
 
( commentaire de Jean ) Pas de place à l'hôtel, nous nous dirigeons vers la mission des Jésuites. Les femmes et les enfants logeront chez les petites soeurs indigènes, Gaby et moi à la mission. Nous allons au restaurant pour souper. Salle à manger en plein air. Un couple de l'endoit  qui était avec nous sur le bateau nous vante les cornichons du patron. Sur notre demande le boy nous en apporte un pot. Comme le couvercle est récalcitrant  nous réclamons l'aide du patron. Celui-ci apparait superbe sur l'escalier de la cuisine, il est en maillot de corps et tient à la main un grand couteau de boucher. D'un coup sec il décapite le pot et nous le tend. Nous n'y goûterons pas de peur d'avaler des morceaux de verre. ( commentaire de Gaby ) Si mes souvenirs sont bons le maillot de corps avait un énorme trou de 10 cms de diamètre dans le dos et il nous avait été recommandé par un habitué de ne surtout pas , si nous avions bien mangé, aller fair un tour du côté de la cuisine. C'était parrait-il absolument " CRADO  "
 
(commentaire de Jean ) Nous regagnons la mission, j'ai par bonheur hérité du lit de " Monseigneur "......manque de pot le monseigneur ne devait pas  faire plus d'1m50 et le lit fait à sa mesure.....mes pieds on pris l'air toute la nuit. Gaby a eu droit au lit du frère mécanicien en congé en Belgique, il devait avoir mon gabarit car le lit était à ma taille. Détail pittoresque, croyant avoir affaire à 2 couples avec enfants, le père suppérieur avait commencé à s'excuser de devoir séparer ce que Dieu avait uni.
 
Nous avons fait 301 kms.
 
à suivre...............











12:54 Écrit par Michèle | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

1957 Bruxelles - Usumbura / 5

Lundi 15/07/1957
C'est le départ pour la grande aventure. Avant tout un tour en ville pour nous ravitailler pour le pique-nique, puis départ. Après quelques kilomètres il s'avère que les bagages poussent sur le dossier des enfants .....il faut changer le rangement.
 
Mettre la voiture en " station ", répartir les bagages et coucher les enfants dessus. Nous quittons donc Matadi dans l'ordre suivant, nous devant avec la Taunus, ensuite Maggy et ses 2 filles en Opel-Caravan et enfin Gaby Macaux en Volkswagen. Nous passons devant le monument qui marque le début de l'exploitation du train et la fin des caravanes entre Matadi et leopoldville.
 
( commentaire de Gaby ) Fini la belle vie et les repas pantagruéliques au cours desquels nous mangions 2 doubles rations de filet américain, 1 avec capres et l'autre sans.....finies les petites salades de concombres que Jean réclamait chaque jour et dont la seule odeur me soulevait le coeur. Nous quittons Matadi dans  un effroyable nuage de poussière. En queue de colonne je déguste un maximum, c'est pire que le fog.Très vite nous comprenons que la queuleuleu n'est pas la bonne solution et qu'il faut laisser quelques centaines de mètres  entre chaque voiture. J'ai aussi dû mettre à l'intérieur de la voiture la malle  que j'avais fixé sur la galerie car les vibrations  de celle-ci trop proche  du toit commencent  à abîmer la couleur. J'ai reçu comme passagères les 2 poupées  achetées à Ténériffe des filles de Maggy,  elles crient
" maman " à chaque fois que les soubressauts de la voiture les font perdre l'équilibre.....elles finiront dailleurs complètement désarticulées à la fin du voyage.
 
En début d'après-midi nous pique-niquons  au bord de la route dans un paysage  assez désolé et pratiquement dépouvu de végétation arbustive si bien que les messieurs sont priés de se retourner pour permettre aux dames de faire leur besoin naturel.
 
( Commentaire de jean )  Nous longeons parfois le chemin de fer et passons des petits postes dont les noms nous rappelent l'histoire de la construction du rail. Nous traversons Thysville du nom du promoteur du rail et arrivons vers les 17 H à Kisantu.
 
Il y a 2 hôtels, le meilleur tenu par un portugais est complet. Nous nous rabatons sur le 2ème tenu par une veuve belge. La propreté y fait gravement défaut. Après un repas frugal nous allons nous coucher. Dédé a une chambre avec les enfants, Maggy  une avec ses filles et je partage un sois-disant lit double avec Gaby. Pas d'éclairage non plus, nous utilisons de courtes bougies de chauffe-plat que Gaby avait par hazar dans sa valise. Mon oreiller était tellement dur que j'avais l'impression qu'on l'avait bourré de mangues. Il s'avère, au milieu de la nuit que le sommier est celui d'une personne prolongé à droite et à gauche par une planche de 30 cms de large, impossible de dormir. Je vais terminer la nuit dans la voiture. Nous avons fait de Matadi à kinsantu 267 kms. 
 
à suivre.........


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12/05/2005

1957 Bruxelles - Usumbura / 4

Nous sommes enfin arrivés à Matadi......on allait quitter le bateau et commencer notre long périble de 9 jours à travers une partie du Congo jusque Usumbura où mon père nous attendait. 
 
3 voitures, dans la 1ère il y avait la famille Sholl, dans la 2ème maman, ma soeur et moi, celle qui fermait le convoi était conduite par Gaby . C'est dans cet ordre que nous rouleront pendant 9 jours jusqu'à notre destination finale " Usumbura ". 
 
C'est de cette partie du voyage que je garde mes meilleurs souvenirs.....de joie, de fatigue, parfois de crainte....je n'avais que 10 ans, ma soeur en avait 9. J'étais l'ainée des enfants de ce voyage. Nous étions 5 enfants et 4 adultes.
 
La grande aventure allait commencer !!! 2 ou 3 ans plus tard.....nous n'aurions jamais pû entreprendre ce voyage......il ne nous serait même pas venu à l'idée de le faire....c'était notre dernière expédition dans ce beau pays avant les tristes évènements  qui ont changé bien des choses dans la vie de pas mal de gens qu'ils soient européens ou africains.
 
A suivre ...........


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09/05/2005

1957 Bruxelles-Usumbura / 3

Mardi 09/07/1957
Jeux de pont et de salon. Cinéma : Tom & Jerry - Le Liban - " Mandy "  Film qui se devait être très comique  mais c'est avéré être complètement débile....!!! Aux jeux de salon Gaby se fait éliminer en moins de deux au 421 par Dédé ( Sholl ), en revanche au football de table où il est absolument nul il arrivera en finale grâce à son compagnon de cabine qui était de 1ère force à ce jeu. Si ils n'ont pas été champions c'est la faute de Gaby.....!!!
 
Mercredi 10/07/1957
Baptême de l'Equateur. Je rempli complètement mes fonctions de bourreau car  je redoute les excès que certains se permettent dans ce genre de festivité......cela doit être pour tout le monde amusant. Les épreuves sont d'une rigueur raisonnable,  même si certaines ne sont pas dépourvues d'allusions plus ou moins pimentées. Par exemple,  une jeune femme voyageant sans son mari et fréquentant assidument les célibataires a été priée de chevaucher pendant plusieurs minutes, en maillot de bain, un gros bloc de glace.....histoire de se rafraichir .....les entiments !!!! Le soir bal de l'Equateur précédé d'un magnifique banquet. 
 
Jeudi 11/07/1957
Goûter travesti pour les enfants. Le soir remise de prix et des certificats du baptême de l'Equateur La traversée est toujours splendide et nous nous amusons bien.
 
Vendredi 12/07/1957
Bal D' AU REVOIR . Nous profitons de notre dernière soirée de danse.
 
Samedi 13/07/1957
A 6 H du matin arrivée à Lobito, les passagers pour le sud du Congo débarquent ici. Le bateau repart dans la matinée et nous faisons des grands signes d'au revoir à ceux qui vont prendre le train......pour une fois ce n'est pas nous.
 
Dimanche 14/07/1957
A 6H30 le bateau entre dans le fleuve Congo. Nous nous pressons au bastinguage pour regarder défiler les rives. Nous passons devant Banane ancienne capitale du Congo et devant Ango-Ango où se trouvent les réserves de pétrole,  essence, etc....Dans l'après-midi nous arrivons à Matadi. Tout de suite vient nous accueillir Collée, ancien douanier de Kakitumba chez qui j'ai logé un certains temps. Il nous aide pour le dédouanement des voitures. Nos passons notre dernière nuit à bord du bateau.
 
A suivre........

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Bruxelles-Bujumbura / 2

Suite......
 
Jeudi 04/07/1957
Arrivée à Ténériffe à 4 H du matin? Je suis sur le pont avec Maggy .....nous assistons à un splendide lever de soleil avec les montagnes de Ténériffe dans le fond. Nous descendons tous à terre et faisons une promenade dans l'ile. Au retour nous nous arrêtons dans la ville pour faire quelques achats. Maggy achète pour ses filles 2 très grandes poupées qui marchent....elles seront bien encombrantes pendant tout le voyage. Sur le quai au moment de l'embarquement se presse une foule de vendeurs de nappes, serviettes, dentelles, etc....dont les prix sont âprement discutés jusqu'au moment de larguer les amarres. Les derniers achats seront hissés à bord dans un panier attaché à une corde lancée au préalable par le vendeur, ce dernier est ensuite redescendu  avec le prix de la transaction, la confiance doit  règner. Vers 21 H départ du bateau, nous jetons une dernière fois quelques monnaies que les plongeurs récupèrent.
 
Vendredi 05/07/1957
Jeux de pont et de salon. Cinéma " moulin rouge "
 
Samedi 06/07/1957
Nous passons au large de Dakar. Le soir dîner du Cap Vert suivit du bal
 
Dimanche 07/07/1957
Journée en mer. Jeaux de pont et de salon. Cinéma " Bienvenu Mister Marshall "
 
Lundi 08/07/1957
Nous faisons une escale imprévue à Monrovia, capitale du Lébéria. Un passager est très mal et doit être opéré d'urgence Nous poursuivons notre route, journée de jeux de pont pour les enfants. Le soir " Derby des dames " genre de pari mutuel où les chevaux sont représentés par des dames qui doivent couper en deux un ruban d'un centimètre de largeur sur 1 m 50 de long avec des ciseaux courbes ;-)))
 
A suivre.......




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1957 Bruxelles-Bujumbura / 1

Le compte rendu du voyage a été fait par Jean .........et Gaby ( en italique ).......je n'ai rien changé au texte....à part quelques ajouts de ma part pour situer les personnages.
 
Samedi 29/06/1957
Embarquement sur le " Jadotville " à Anvers à 18 H. Toute sa famille est venue conduire Maggy ( ma mère ) et ses 2 filles ( ma soeur et moi )  : ses parents, ses frères avec épouses et leurs enfants, les vieilles tantes.......
 
Le bateau va bientôt quitter le port. Il fait une chaleur caniculaire, les bars et cafés sont fermés tant que le bateau est à quai.....nous ne pourrons nous désaltérer qu'au souper. Notre groupe se compose donc de nous même avec les enfants, Maggy et ses 2 filles et monsieur Macaux. Nos 3 voitures sont à bord et nous voulons rallier Usumbura par la route.
 
Dimanche 30/06/1957
Le mauvais temps s'est calmé. Notre bateau est le " Jadotville "......son commandant Wynen. A 22h30 nous passons au large du phare d'Ouessant. Le vent reste fort et j'apprends à Gaby une nouvelle expression qui ne figurait pas dans son vocabulaire " Il fait un vent à décorner St Joseph "
 
Lundi 01/07/1957
A 7H30 nous passons au large du Cap Villano. La mer est bonne et nous profitons pleinement de la croisière. Le comité des fêtes se constitue, je suis nommé directeur des fêtes. Le vice-président est monsieur Brausch qui sera plus tard secrétaire provincial à Usumbura.
 
Mardi 02/07/1957
Bonne journée en mer. Le soir cinéma avec " Briseurs de barrages " un film sur le bombardement des barrages de la Ruhr pendant la guerre.
 
Mercredi 03/07/1957
Toujours bonne naviguation......ce soir sauterie.
 
à suivre..........
 
 

08/05/2005

1957 Notre périple Belgique-Matadi-Usumbura

Nous avions fait nos adieux à la famille, nos congés en Belgique prenaient fin......on allait retourner à Usumbura.....retrouver l'école
" Stella Matutina " ...... nos amis......le lac Tanganyika.....les montagnes....on rentrait au pays !!!
 
Pour nous la Belgique était le pays de nos grands-parents, oncles, tantes, cousins et cousines......le nôtre était le Burundi.
 
Papa était déja parti pour Usumbura par avion....maman, ma soeur et moi on prenait le bateau jusque Matadi et de là on allait traverser  une partie du Congo en voiture avec les Sholl et leurs 3 enfants ainsi que Gaby Macaut.....direction le Burundi.
 
Jean et Gaby ont tenu un livre de bord de notre voyage extraordinaire.....à partir de notre départ d'Anvers à Usumbura.
 
Je vais vous le conter !!!
 
Madamoiselle-Michéré
 
 
 
 

Retour au pays

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Le 26 Octobre 1974 nous rentrons définitivemnt en Belgique.

J'étais tellement heureuse de revenir chez moi pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec l'Afrique loin de là.

J'avais besoin de me retrouver, de me resourcer, de revenir dans ce pays qui est le mien et celui de mes ancêtres.
 
De mes ancêtres certe, mais "mon pays " ce n'était pas tout à fait exact car en refléchissant bien il ne fallait pas oublier que mon père était né à Kasongo (1922) le frère ainé de maman était né à Elisabethville (1918) et que j'étais née à Kindu (1947)

" Je n'ai jamais été en Afrique " disait régulièrement mon oncle  " j'en suis revenu " ;-)

Depuis des lustres une partie de mes ancêtres foulaient le sol africain, difficile donc de quitter ce continent sans y laisser une partie de son coeur.

J'ai trouver assez falicement mes marques en Belgique mais supporter le climat a été plus difficle, surtout l'hiver brrrrr !!! Je n'aime toujurs pas les hivers !!!

Je me suis adaptée aux mentalités, dur, dur, tout en gardant la mienne.

Je n'ai jamais regretté mon retour en Belgique, je n'ai plus jamais désiré retourner en Afrique.

J'avais tourné la page ai recommencé tout simplement ma vie ailleurs.

Je ne suis pas nostalgique, j'aime tout simplement me souvenir de cette époque où j'ai été si heureuse là-bas !!!
 
Madamoiselle-Michéré
 

03:11 Écrit par Michèle dans Souvenir du Burundi | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : bujumbura, belgique |  Facebook | |

En écoutant les Tambourinaires du Burundi....

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On ne peut rester indifférent.....en les écoutant !!!
 
On ne peut rester impassible ....en les entendant !!!
 
Mon corps se met à vibrer, je n'arrive plus à me concentrer, les souvenirs se bousculent dans ma tête !!!

Je les revois tapant sur leur tambour, j'entends leurs voix, leurs incantations.

Ils sont beaux, majestueux, superbes !!!

Je me souviens aussi des danseurs, donnant l'impression de voler dans les airs et les danseurs-toupie se lançant dans des acrobaties incroyables, ils virevoltaient en arrière, tournaient, tournaient, tournaient à n'en plus finir.  
 
Je monte le son, j'ai de plus en plus de difficulté à vous écrire, je suis seule, je ne dérange personne, je vais vous quitter pour les écouter, me souvenir, encore et encore......

" Des Tambourinaires du Burundi  "
 
madamoiselle-michéré
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